Gottlieb

Gottlieb Joker Poker

Le même titre cache deux machines complètement différentes : une électronique System 1 et une électromécanique. Savoir laquelle vous avez change tout.

Constructeur
D. Gottlieb & Co.
Année de sortie
1978
Numéro de modèle
417
Exemplaires produits
9 280 exemplaires
Système
Gottlieb System 1
Joueurs
4
Conception
Ed Krynski
Illustration
Gordon Morison
Flipper Gottlieb JOKER POKER

Deux machines sous un seul nom

C’est la première chose à savoir sur ce titre, et celle qui pose le plus de problèmes quand on cherche une pièce ou un réparateur : le Joker Poker existe en deux versions qui n’ont presque rien en commun.

La version courante est électronique, sortie en juin 1978 sur la plateforme System 1 de Gottlieb : 9 280 exemplaires. Mais Gottlieb a aussi produit une version électromécanique, à 820 exemplaires, avec un décor légèrement différent et des règles qui ne sont pas les mêmes. Même nom sur le fronton, deux métiers derrière.

Concrètement : si votre machine compte les points avec des rouleaux mécaniques, vous avez l’électromécanique, et ce qui suit sur les pannes du System 1 ne vous concerne pas. Si les scores s’affichent en chiffres lumineux, vous avez l’électronique.

Ce que c’est

Ed Krynski à la conception, Gordon Morison au décor : un duo qu’on retrouve sur de nombreux Gottlieb de cette période. Le principe de jeu reprend le poker. On abat des cibles tombantes pour constituer des mains de cinq cartes, du simple dix jusqu’au carré d’as accompagné du joker, et les cibles à viser changent selon la bille en cours.

C’est un jeu de cibles, donc un jeu où la mécanique travaille beaucoup : sur une machine qui a tourné en exploitation, les bancs de cibles tombantes sont la première chose à regarder.

Les pannes propres à ce modèle

  • Le premier System 1 à dépasser ses huit bobines. Le Joker Poker a quatre bancs de cibles tombantes pour seulement trois commandes disponibles. Gottlieb a donc ajouté, sous le plateau, un transistor déporté pour réarmer le banc des rois.
  • Le banc des rois qui reste sous tension au démarrage. Ce transistor déporté n’a pas de résistance de rappel : Gottlieb ne l’a ajoutée sur ses machines qu’après Black Hole. Sans elle, la bobine peut se bloquer sous tension à la mise en marche et griller le transistor. La correction recommandée est une résistance de 4,7 kΩ entre la base du transistor et l’alimentation 24 volts des bobines.

D’après la documentation de réparation publique et les signalements de propriétaires sur les forums spécialisés.

Les pannes de la plateforme Gottlieb System 1

À ces défauts propres au modèle s’ajoutent ceux de toute la plateforme Gottlieb System 1, bien documentés :

  • Les connecteurs, avant tout le reste. PinWiki les désigne comme la première cause de dysfonctionnement de ces machines, loin devant les composants. Un mauvais contact ne produit presque jamais le symptôme auquel on s’attend : une tension qui disparaît puis revient, des lampes ou des bobines bloquées, une carte qui refuse de démarrer. Nettoyer les contacts ne suffit pas : on remplace les connecteurs fatigués.
  • La batterie de sauvegarde. Une batterie rechargeable au nickel-cadmium est soudée sur la carte processeur, et elle finit toujours par fuir. Ses vapeurs attaquent le cuivre : les connecteurs qui portent les masses, puis les circuits de la matrice de contacts autour d’elle. Une carte touchée s’allume, mais les afficheurs restent éteints et la partie ne démarre pas. Si la batterie est encore sur la carte, on la retire tout de suite : la corrosion progresse tant qu’elle reste en place.
  • Les masses câblées en chaîne. Gottlieb n’a pas fixé les masses des cartes à un plan commun : elles passent d’une carte à l’autre par les connecteurs. Si un seul maillon lâche, une ou plusieurs cartes perdent leur masse logique. Des bobines, des relais ou des lampes peuvent alors rester bloqués sous tension, et des transistors et des circuits finissent par lâcher. On ajoute des liaisons de masse directes, comme le détaille PinWiki.
  • Le petit transformateur. Sur les premières machines, aucun fusible ne le protège, à part le fusible général de 5 A, insuffisant. Si les diodes de redressement de l’alimentation lâchent d’une certaine façon, elles mettent ses enroulements en court-circuit et il fond. Gottlieb a ajouté un fusible à partir de Solar Ride ; PinWiki recommande d’en poser trois, y compris sur les machines plus récentes, dont le panneau a pu être échangé.
  • Les afficheurs. Ce sont des tubes fluorescents Futaba, fiables et durables, qui vieillissent mieux que les afficheurs plasma de Williams, Bally ou Stern. Quand tous les afficheurs montrent en même temps des segments faiblement allumés autour des chiffres, ce ne sont pas eux qui sont en cause, mais les tensions de référence de 4 et 8 volts de l’alimentation. Des afficheurs de remplacement à LED existent.
  • Les circuits propriétaires du processeur. Certains circuits de la carte processeur, conçus pour Gottlieb, ne se trouvent plus. Une carte trop abîmée se remplace par une carte processeur moderne, comme la Ni-Wumpf ou la Pascal PI-1.

Sur la version électromécanique, rien de tout ça : ce sont les contacts, les unités de score à cliquet et les bobines qu’il faut regarder. Le diagnostic est plus lent, mais tout est visible, mesurable et remplaçable.

Avant d’en acheter un

Ouvrez la caisse avant de vous décider, et regardez trois choses. L’état de la pile et de la zone autour : la corrosion progresse tant que la pile reste en place. Les connecteurs, en particulier ceux qui ont chauffé ou noirci. Les bancs de cibles tombantes, qui sont la pièce d’usure de ce modèle.

Et ne branchez pas une machine qui a dormi plusieurs années pour « voir si elle marche ». C’est le meilleur moyen de transformer une réparation simple en réparation lourde.

Vous avez cette machine

Une panne sur votre Gottlieb Joker Poker ?

Décrivez-moi le symptôme et je vous dis ce que ça vaut la peine d'entreprendre. Je répare ces machines depuis 1987, chez vous dans le Sud-Ouest, ou à l'atelier avec enlèvement partout en France.